Le cinéma mondial en 2026 : une reprise à deux vitesses entre salles et streaming
En 2026 le box-office mondial repasse au-dessus des niveaux d'avant-pandémie, surtout grâce aux prix et aux formats premium, tandis que la fréquentation tarde et que le streaming s'invite en salle. Une analyse posée.
Comme quelqu’un qui suit le cinéma depuis des années, j’ai appris à me méfier des récits trop simples, qu’ils annoncent la mort des salles ou leur triomphe. La réalité du cinéma mondial en 2026 est plus nuancée. Il ne s’agit pas d’un effondrement ni d’un retour glorieux, mais d’une reprise à deux vitesses, où les recettes remontent alors que la fréquentation peine encore à suivre.
Des recettes en hausse
Commençons par les chiffres. Les prévisions pour 2026 varient selon les analystes: PwC table sur environ 40 milliards de dollars de recettes mondiales, tandis que Gower Street se montre plus prudent avec près de 34,7 milliards. Dans tous les cas, le box-office devrait dépasser les 35 milliards, avec un rôle croissant de marchés comme la Chine et l’Inde. La tendance générale est clairement orientée à la hausse.
Le prix plutôt que le nombre
Il faut cependant lire ces chiffres avec attention. Les recettes mondiales devraient repasser au-dessus des niveaux d’avant la pandémie en 2026, mais surtout grâce à la hausse des prix des billets et à la publicité. La fréquentation, elle, ne devrait pas retrouver ses niveaux d’antan avant au moins cinq ans. Autrement dit, on dépense plus, mais on ne va pas nécessairement plus souvent au cinéma.
L’événement fait la salle
Ce qui ramène le public, ce sont surtout les grands rendez-vous. Les formats premium et le cinéma événementiel attirent de nouveau les spectateurs, et IMAX a enregistré un box-office mondial record en 2025, avec l’espoir de rééditer l’exploit en 2026. La salle ne disparaît pas: elle se transforme en une sortie plus rare et plus spectaculaire, réservée aux films capables de justifier le déplacement.
Le streaming s’invite en salle
Le streaming reste la toile de fond de tout cela. Les plateformes investissent aujourd’hui davantage dans les contenus que le box-office mondial ne génère, environ 42 milliards de dollars contre 33 en 2025. Fait notable, Netflix a remporté trois Oscars pour Frankenstein en 2026 et élargit désormais les sorties en salle de ses films. La frontière entre salle et streaming devient de plus en plus poreuse.
Mon regard mesuré
Malgré cette reprise, je reste prudent. Les recettes remontent, mais le marché demeure sensiblement en dessous de la moyenne des trois années précédant les confinements, et la reprise reste inégale selon les régions. La direction me semble néanmoins saine: le cinéma s’adapte plutôt qu’il ne s’effondre. Le véritable test sera de faire revenir durablement les spectateurs, et pas seulement d’augmenter le prix du billet.





